Soirée thématique 4 : Mémoire, justice et réparation

Mémoire, justice et réparation : une réflexion collective portée par Parler et Revivre

Mémoire, justice et réparation : une réflexion collective portée par Parler et Revivre

Dans le cadre de ses actions, Parler et Revivre poursuit et approfondit sa réflexion collective autour des enjeux de mémoire, de justice et de réparation, au cœur des attentes exprimées par les personnes victimes de violences sexuelles commises au sein de l’Église catholique et des institutions à caractère religieux.Cette visioconférence a constitué un temps d’échange essentiel, rassemblant paroles de personnes victimes, analyses et questionnements sur les conditions d’une reconnaissance juste, d’une réparation respectueuse et d’une mémoire véritablement partagée.

Une association engagée, portée par la parole des personnes victimes

Parler et Revivre est une association loi 1901, dont les statuts ont été modifiés en décembre 2022. Elle est née d’une nécessité impérieuse : donner une voix aux personnes victimes d’agressions sexuelles au sein de l’Église catholique et, plus largement, des institutions à caractère religieux.

L’association se distingue par sa composition : elle est majoritairement constituée de personnes victimes, qu’elles aient été agressées lorsqu’elles étaient mineures ou majeures vulnérables. Cette réalité confère à Parler et Revivre une légitimité singulière ainsi qu’une compréhension profonde des mécanismes de violence et de leurs conséquences durables.

Parler et Revivre accueille également les victimes collatérales (proches de victimes) ainsi que les alliés, personnes physiques ou morales, partageant un objectif commun : faire cesser les violences, accompagner les victimes et transformer les institutions afin de protéger les générations futures.

Une visioconférence consacrée aux enjeux de mémoire, de justice et de réparation

Cette rencontre s’inscrivait dans une réflexion plus large autour du thème :

« Mémoire, justice et réparation : le chemin de la reconnaissance et de la réparation pour les personnes victimes »

Les échanges ont permis d’aborder plusieurs questions fondamentales :

  • Quelle justice pour les personnes victimes lorsque les faits sont anciens ou prescrits ?
  • Quelles formes de réparation peuvent répondre aux souffrances vécues ?
  • Quelle place accorder à la mémoire collective, aux commémorations et aux rituels de reconnaissance ?
  • Comment instaurer un dialogue juste entre personnes victimes, responsables ecclésiaux et société civile ?

La reconnaissance : un socle indispensable

Un point essentiel a traversé l’ensemble des interventions : la reconnaissance du préjudice subi est le socle de toute démarche de justice et de réparation.

Les personnes participantes ont rappelé que l’absence de reconnaissance – ou une reconnaissance insuffisante, ambiguë ou tardive – constitue en elle-même une violence supplémentaire. Elle entrave les processus de reconstruction et contribue à l’isolement des personnes victimes.

La justice attendue ne se limite donc pas à la justice pénale. Elle inclut également une justice morale, institutionnelle et symbolique, par laquelle les faits sont clairement nommés, les responsabilités reconnues et la parole des victimes pleinement entendue.

Réparer : un processus global et respectueux

La réparation a été largement abordée comme un processus pluriel, qui ne peut se réduire à une indemnisation financière.

Les échanges ont mis en évidence plusieurs dimensions de la réparation :

  • financière, lorsqu’elle est possible et adaptée ;
  • symbolique, à travers des paroles publiques et des gestes institutionnels clairs ;
  • sociale et collective, visant à restaurer la dignité et la place des personnes victimes dans la société.

Un principe fondamental a été rappelé avec force : aucune réparation ne peut être pensée sans les personnes victimes. Toute démarche imposée, descendante ou standardisée est susceptible de raviver les blessures.

Mémoire collective : entre nécessité et vigilance

Les commémorations, journées dédiées et rituels de reconnaissance peuvent jouer un rôle essentiel dans l’inscription des violences dans une mémoire collective partagée. Elles participent à la sortie du silence et à la reconnaissance sociale des préjudices subis.

Toutefois, les échanges ont souligné plusieurs points de vigilance :

  • éviter les gestes symboliques déconnectés d’actions concrètes ;
  • refuser toute instrumentalisation de la mémoire ;
  • garantir que la parole des personnes victimes reste centrale.

La mémoire ne peut être authentique que si elle s’inscrit dans une démarche cohérente, durable et sincère, articulant reconnaissance, justice et prévention.

Un dialogue nécessaire, mais exigeant

Le dialogue entre personnes victimes, responsables ecclésiaux et société civile est apparu à la fois indispensable et complexe.

Parmi les obstacles identifiés figurent :

  • les asymétries de pouvoir encore présentes ;
  • des temporalités institutionnelles souvent éloignées du vécu des personnes victimes ;
  • une défiance nourrie par des expériences passées de non-écoute ou de déni.

Pour être fécond, ce dialogue suppose des conditions claires : reconnaissance préalable des faits, écoute réelle, cadres sécurisés et respect du rythme des personnes victimes.

Des rencontres trimestrielles ouvertes à tous les membres

Cette visioconférence s’inscrit dans une dynamique régulière portée par Parler et Revivre.👉 Des visioconférences thématiques sont organisées chaque trimestre, autour d’un sujet différent à chaque fois, en lien direct avec les préoccupations des personnes victimes et les enjeux de transformation des institutions.

Tous les membres de l’association reçoivent une invitation à ces rencontres.Ces temps d’échange constituent :

  • un espace de réflexion collective,
  • un lieu de parole et d’écoute,
  • un moyen concret de rester informé et impliqué dans les actions de l’association.

Pourquoi adhérer à Parler et Revivre ?

Adhérer à Parler et Revivre, c’est :

  • soutenir une association portée par les personnes victimes elles-mêmes ;
  • participer à une réflexion exigeante et collective ;
  • être invité aux visioconférences trimestrielles et aux temps d’échange ;
  • contribuer, à son niveau, à la reconnaissance des violences, à l’accompagnement des victimes et à la prévention.

L’adhésion est ouverte aux personnes victimes, aux victimes collatérales et aux alliés partageant les valeurs et les objectifs de l’association.

Conclusion

Cette visioconférence témoigne de l’engagement constant de Parler et Revivre dans le débat public autour des enjeux de mémoire, de justice et de réparation. Elle rappelle l’importance de poursuivre un travail collectif, respectueux et ancré dans l’expérience des personnes victimes, afin de construire des réponses à la hauteur des souffrances vécues et de prévenir toute reproduction des violences.


Article rédigé par Helene Bodin

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